Le « roi de la Vendée ». Généralissime de l'Armée catholique et royale, il commanda l'insurrection dans le pays de Retz — le pays de Briord. Cousin de Joseph Charette de Briord.
De toutes les figures qui gravitent autour de la Terre de Briord, aucune n'est plus intimement liée à la fois au sang du domaine et à l'histoire du pays de Retz que François-Athanase Charette de La Contrie — le plus célèbre des généraux vendéens.
Charette de La Contrie appartient à la même famille que Joseph Charette de Briord, maître du domaine à la veille de la Révolution : les deux hommes étaient cousins. C'est ce lien de sang qui fait entrer, de plein droit, le « roi de la Vendée » dans la mémoire de Briord.
Né le 2 mai 1763 au manoir de La Contrie, à Couffé, près d'Ancenis — en Loire-Atlantique —, Charette est le cadet d'une famille de petite noblesse bretonne. Il entre dans la Marine royale dès 1779 et combat en Amérique, pendant la guerre d'indépendance. En 1790, il quitte le service et se retire près de Machecoul, au cœur du pays de Retz.
En mars 1793, la levée en masse décrétée par la République embrase l'Ouest. Des paysans révoltés viennent chercher Charette dans son manoir de Fonteclose et le somment de prendre leur tête. D'abord réticent, il accepte — et devient bientôt l'un des principaux chefs de la Vendée militaire. Il commande l'Armée catholique et royale du Bas-Poitou et du pays de Retz, cette région même dont la Terre de Briord fait partie.
Sa devise est restée célèbre : « Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais. »
Après trois années d'une guérilla acharnée, abandonné par les siens, blessé, Athanase est capturé le 23 mars 1796 dans les bois de la Chabotterie. Condamné à mort, il est fusillé six jours plus tard, le 29 mars 1796, sur la place Viarme à Nantes. Il tomba, dit-on, en donnant lui-même l'ordre de faire feu, refusant qu'on lui bandât les yeux.
Par la persévérance de sa résistance, Charette est demeuré, dans la mémoire collective, le général emblématique du soulèvement vendéen. Même Napoléon dira de lui : « Il laisse percer du génie. »
Pour Briord, situé au cœur du pays de Retz insurgé, son nom rappelle que l'histoire du domaine s'inscrit dans celle, tragique et héroïque, de la Vendée.