Terre de Briord

Soliman le Magnifique

Sultan de l'Empire Ottoman à son apogée, contemporain et allié de François Ier. Une figure du vaste monde qui, au XVIème siècle, entoure la petite seigneurie de Briord.

Il n'a jamais entendu parler de Briord, et Briord ne l'a jamais vu. Mais Soliman le Magnifique appartient à l'horizon d'un siècle — ce XVIe siècle où le domaine passait des L'Épervier aux Rouxières, tandis qu'au loin s'affrontaient les empires.

Le plus grand des sultans

Né vers 1494, Soliman Ier, que les Occidentaux nommèrent « le Magnifique » et les Ottomans « le Législateur », régna de 1520 à 1566. Sous lui, l'Empire Ottoman atteignit son apogée : de Budapest à Bagdad, de la mer Rouge aux portes de Vienne, il domina un territoire immense et une civilisation raffinée.

L'allié de François Ier

Ce qui rattache Soliman au monde de Briord, c'est son alliance avec le roi de France qui s'est, au delà de la politique, traduit par un cadeau à la fois extraordinairement simple mais aussi extraordinairement touchant.

En remerciement de sa venue, Soliman le Magnifique fit offrir à l'ambassadeur de François Ier, une plante que ce dernier s'empressa de confier à son épouse, la reine de France, dont l'histoire rapporte qu'elle avait "la main verte" .

Elle se passionna en effet pour ce plant exotique, l'accoutuma à nos climats et créa ainsi une nouvelle variété fruitière en Occident.

Ce plant était un prunier qui, vous l'aurez compris, fut baptisé "la Reine Claude".

Sur la Terre de Briord, haut lieu de chasse de son grand-père François II, Duc de Bretagne et son trésorier propriétaire Pierre Landais, il était naturel de perpétuer l'histoire de la reine Claude. C'est ainsi qu'au centre du grand potager conservatoire de Briord furent plantés 12 pruniers Reine Claude issus de quatre variétés historiques.

Bien entendu, la relation entre François Ier et Soliman Ier ne tenait pas qu'à ces aspects agronomiques

Face à la puissance de Charles Quint, François Ier conclut avec le sultan une alliance diplomatique et militaire retentissante, qui scandalisa la chrétienté. Les deux souverains, l'un très Chrétien, l'autre Commandeur des croyants, se liguèrent contre un ennemi commun.

Le vaste monde autour de Briord

Évoquer Soliman à propos de Briord, c'est rappeler que la modeste seigneurie du pays de Retz existait dans un monde en pleine expansion, où les rois de France dialoguaient avec les sultans, où l'on découvrait l'Amérique et où l'Europe se déchirait sur la religion.

Soliman meurt en 1566, l'année même où Briord change encore de mains. Deux échelles d'un même siècle.