Terre de Briord

Thomas Dobrée

L'un des plus grands négociants nantais de son temps, associé des Dubois-Violette pour le commerce avec la Chine. C'est lui qui arma le Fils de France, lancé en 1818 pour la conquête des routes maritimes vers l'Extrême-Orient.

Thomas Dobrée n'a jamais possédé Briord. Mais son nom est indissociable de l'époque des Dubois-Violette, ces maîtres du domaine qui furent ses associés, ses parents par alliance et ses partenaires dans les plus audacieuses entreprises maritimes de Nantes.

Une grande maison de négoce

Les Dobrée appartiennent à cette bourgeoisie négociante d'origine anglo-normande, venue de Guernesey, qui fit la fortune et la grandeur de Nantes au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. Armée maritime, commerce au long cours, banque : la maison Dobrée comptait parmi les plus puissantes de la place nantaise.

L'associé des Dubois-Violette

Le lien avec la Terre de Briord passe par le négoce et par les familles. Jean-Anne-Thomas Dubois-Violette, maître de Briord, fut l'associé de Thomas Dobrée pour le commerce avec l'Extrême-Orient. Les deux hommes étaient liés de longue date : dès 1788, le père Jean-Anne Dubois-Violette avait été parrain d'une enfant de la parenté Dobrée. Dans la société du négoce nantais, tout se tenait — par les mariages autant que par les contrats.

Le Fils de France

De cette association naît l'une des plus belles aventures maritimes Nantaise de la Restauration.

Convaincu que l'avenir du commerce était en Chine, Dubois-Violette poussa Dobrée à faire construire un grand navire long-courrier spécialement conçu pour l'Extrême-Orient.

Ce navire, le Fils de France, fut lancé en 1818 en présence du duc d'Angoulême, fils du futur Charles X.

Il partit de Nantes pour Canton, ouvrant à la ville une route commerciale nouvelle vers la Chine.

Le plan du Fils de France est aujourd'hui encore conservé dans les archives.

Briord, refuge et point de départ

Les affaires de Dubois-Violette connûrent des revers, et c'est dans son château de Briord qu'il se retira après sa première faillite — mais c'est aussi depuis Briord qu'il continua de diriger ses entreprises.

Thomas Dobrée resta présent dans la vie du domaine : lors d'un mariage célébré à Briord, c'est Thomas Dobrée fils qui fut l'un des témoins.

La postérité d'un nom

Le nom de Dobrée a traversé les siècles bien au-delà du négoce. Thomas Dobrée fils, héritier de la fortune familiale, fut un grand collectionneur : c'est à lui que Nantes doit le musée Dobrée, l'un des joyaux patrimoniaux de la ville, où sont conservés manuscrits, œuvres d'art et objets précieux.

À travers les Dobrée, c'est tout un pan du grand commerce nantais — ses audaces, ses fortunes, ses navires — qui vient effleurer l'histoire de la terre de Briord.